Clara crée des pièces uniques en céramique et transmet sa passion à travers ses ateliers à Bruxelles. Elle fait de ses ateliers une vraie parenthèse créative, chaleureuse, dont on ressort avec l’envie de revenir.
Déjà interviewée en 2023, elle a depuis franchi un cap impressionnant, passant d’environ 500 participants en 2023 à près de 2 600 aujourd’hui. Dans cette interview, elle partage avec nous ses conseils pour transformer les participants en clients récurrents. Decouvrez le profil de Clara.
Hello Clara, on t’avait déjà interviewée en septembre 2023. Pour les personnes qui te découvrent, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots, puis nous dire ce qui a le plus évolué dans ton activité depuis cette première interview ?
Hello ! J’ai 35 ans, j’ai étudié la pub et travaillé 10 ans pour un gros groupe médiatique entre Londres et Bruxelles, avant de tout quitter en période de Covid. Je pratiquais la céramique sur le côté depuis quelques années, comme un hobby, avec des projets plus ou moins sérieux. J’ai croisé la route d’une fleuriste à Bruxelles que j’adorais, Élodie Mouton, qui avait envie d’y ouvrir une boutique. Je lui ai dit : “Ne bouge pas, je me colle à toi.” On a ouvert la boutique-atelier Boucan en 2021 à Saint-Gilles, en sortie de confinement.
Ce projet est né sur un coup de tête et un coup de cœur l’une pour l’autre. Aujourd’hui, on y retrouve une partie “shop” avec une sélection d’artistes et d’artisans, ainsi que les bouquets de fleurs fraîches d’Élodie et mes créations sous le nom Clara de la Céra, nos ateliers de production respectifs, et depuis octobre 2024, un tout nouvel espace de 70 m² à l’étage de la boutique, où j’ai pu davantage développer mon activité de cours et ateliers.

En 2023, tu avais déjà accueilli environ 500 participants. Aujourd’hui, tu es à près de 2 600 (x5 en 2 ans !). Qu’est-ce qui, selon toi, explique le plus cette progression ?
Je pense que c’est la combinaison de plusieurs facteurs indissociables. Le premier, le plus important, c’est notre proposition. La première année, j’organisais les ateliers dans la boutique, en fin de journée. On poussait les bacs de fleurs sur le côté, je tirais une table de 6 personnes au milieu de la pièce. On était dans les fleurs d’Élodie, ce n’était pas très conventionnel, mais je mettais déjà un point d’honneur à ce que mon cours offre une vraie parenthèse enchantée à mes élèves. Je voulais que ce soit beau, que ça sente bon, qu’on s’y sente bien. Il y avait des fleurs, de la musique, des bougies, un apéro, des couleurs, des inspirations, de l’argile en illimité pour leur laisser libre cours à leur créativité… Cette ligne, je l’ai tenue depuis le premier jour et je pense que c’est notre force.
De là découle l’outil le plus puissant : le bouche-à-oreille. Nos élèves partaient souvent conquis, revenaient avec des copines, ou du moins, en parlaient sur les réseaux ou autre. Ce côté atypique de notre atelier, il nous a permis de nous différencier dans un secteur céramique où l’offre est déjà très riche. Quand j’ai voulu passer la seconde en agrandissant l’atelier, j’ai gardé cette ligne, mais dans un espace plus grand. En ouvrant notre annexe de 70 m² au-dessus de la boutique, ça nous a aussi permis d’accueillir de plus grands groupes, de donner cours en journée et pendant les week-ends, ce qui n’était pas possible dans la boutique avec nos horaires, et d’être plus rentables.

Sur ces près de 2 600 participations, est-ce que tu as une idée du nombre de clients qui ne sont venus qu’une fois, et de la part de clients qui reviennent faire un deuxième (ou troisième) atelier ?
Je sais que 99 % de mes élèves n’ont jamais fait de céramique. C’est une question que je pose toujours en début de cours, et je suis chaque fois étonnée de voir tant de débutants (alors que l’offre à Bruxelles est énorme, et depuis déjà quelques années…).
Je ne pense pas que beaucoup d’élèves reviennent faire un cours d’intro au modelage. Même si j’en ai déjà eu, qui revenaient avec une autre copine, leur copain, en EVJF… Par contre, ils s’intéressent à nos autres formules : privatisations en équipe, en famille ou entre amis, le cours d’émaillage, nos cours hebdomadaires ou accès libre. Les cours qu’on propose sur Wecandoo sont une énorme porte d’entrée pour nos élèves.

Dans l’expérience que les participants vivent en atelier, qu’est-ce qui, d’après toi, fait la différence et leur donne envie de revenir ?
L’environnement et la liberté qu’on leur donne dans les cours. Créer des univers, j’adore ça. Au travers de ma pratique personnelle de la céramique, mais aussi au travers de mes cours. On a créé un univers et une identité forte pour notre boutique avec Élodie, et j’ai eu la chance de pouvoir créer un nouvel espace avec l’extension de l’atelier. J’ai adoré créer cet espace, le rendre coloré, inspirant, lumineux. On y retrouve des miroirs, des fleurs, des tables colorées… C’est un espace vivant et inspirant, qui va toucher une part très enfantine et créative chez chacun de nous. Le désordre qu’on aimait retrouver dans une salle de jeux. Quand les élèves arrivent à l’atelier pour la première fois, ils rentrent dans la boutique, on les invite à monter au premier, et derrière une porte cachée, ils découvrent notre bel espace et expriment un “oh waouw !”. Un atelier qui commence comme ça, c’est déjà génial 🙂
Dans cet environnement, j’avais envie d’y mettre le moins de règles. Les élèves peuvent venir avec leurs envies et leurs projets, il y a autant d’argile qu’ils le souhaitent, j’ai plutôt tendance à les encourager quoi qu’ils fassent. Je ne suis pas là pour former des céramistes contemporains en 2 h, je veux juste qu’ils passent un bon moment. Et s’ils retrouvent ce plaisir dans la pratique du modelage plutôt que dans l’objet fini, pour moi, c’est OK ! Donc cette liberté qui leur est donnée leur permet d’aller toucher en eux une créativité ou un côté manuel qu’ils ne pensaient pas avoir. L’élève est satisfait de lui, objectif atteint !
J’ai travaillé dans plusieurs ateliers avant d’avoir le mien. On pesait l’argile avant le cours pour distribuer une quantité limitée à chacun. Un petit volume était imposé, ou parfois même un objet était imposé : “On va faire une tasse.” C’est chiant pour tout le monde. Et s’il faut calculer la quantité d’argile par élève pour rentabiliser son cours, c’est que le calcul global n’est pas bon…

Pendant ou après l’atelier, est-ce que tu fais quelque chose de spécifique pour donner envie aux participants de revenir dans un de tes ateliers Wecandoo ?
On a mis en place un nouveau cours en ligne, qui permet aux élèves de revenir émailler leurs pièces s’ils le souhaitent. Dans le cours de céramique proposé sur Wecandoo, le tarif comprend l’émaillage en transparent brillant par nos soins à l’atelier, car l’atelier se déroule en 1 séance (or l’émaillage se fait en second temps). Maintenant, on propose aux élèves de revenir colorer leurs pièces eux-mêmes, et ça cartonne ! On a mis le cours couleur à 25 euros pour 1 h 30. C’est pas cher, mais justement, ça leur donne d’autant plus envie de revenir. Un coût inestimable, c’est celui de faire revenir une seconde fois un élève. À ce moment-là, il est temps de leur proposer nos autres formules : la “formation au modelage”, 12 h intensives pour avoir les clés pour une prod autonome, les heures d’accès libre en autonomie, les résidences…
À la fin du cours, je leur parle toujours de la possibilité de faire des privatisations, qu’ils n’oublient pas de parler de nous aux témoins du mariage, aux anniversaires, à leur boss, etc. Et j’ai beaucoup de privatisations qui se font comme ça. Via quelqu’un qui est déjà venu au cours.
Je leur distribue également un petit flyer en A6 avec les infos pour venir récupérer leurs créations, notre site, nos cours et plus si affinité.

Côté Wecandoo, est-ce qu’il y a un/des outil(s) qui t’aide à faire revenir des participants ? Lesquels, et comment tu t’en sers ?
Depuis le début avec Wecandoo, j’ai pu vraiment me reposer sur l’énorme aide qu’ils m’apportent sur la communication. Les cours se vendaient presque tout seuls. J’ai toujours pu demander conseil, ou partager mes inquiétudes, quand je trouvais des périodes plus creuses…
J’ai toujours considéré Wecandoo comme faisant partie de mon équipe, en laissant entre leurs mains la force du marketing (qui est ma faiblesse). Les newsletters m’aident à me rappeler à l’ordre quand il y a des périodes ou événements importants sur lesquels communiquer. Quand il est temps de mettre un coup de boost en comm, je partage souvent le code promo aussi, et je vois que ça génère, au pire, de l’engagement, au mieux, une vente.
Est-ce qu’il y a des choses que tu voudrais faire différemment ? Des améliorations que tu pourrais mettre en place pour attirer plus de participants dans tes ateliers Wecandoo en 2026 ?
(Rien de spécial pour le moment…)
Un dernier conseil à donner aux artisans de la communauté ?
Voir quelles offres il y a sur le marché dans son secteur et dans son quartier, et se différencier par 1 ou 2 de nos forces maximum.
J’ai pu, en 4 ans, essayer beaucoup de formats. J’ai essayé de mettre plein d’ateliers différents pour élargir mon public cible : des ateliers avec et sans couleur, de 2 h ou 3 h, des cours spécifiques, moins spécifiques, en 1 séance ou 2 séances, plus ou moins chers, pour jeunes et moins jeunes… J’ai fait beaucoup de changements en peu de temps, car je voulais que la cible la plus large se retrouve dans mon offre. Cette année, j’ai tout simplifié. Je propose 2 cours : un cours libre de découverte du modelage, un cours spécifique autour de la création d’un vase. Les ateliers sont le week-end principalement, sur 2 créneaux horaires. Du coup, en simplifiant, les ateliers se remplissent, je concentre mon énergie sur une proposition, les commentaires se concentrent aussi sur un seul atelier… Se disperser, c’est la réaction spontanée dans l’insécurité ou la peur : celle de ne pas être rentable, de ne pas performer, alors on essaye tout et on tire dans tous les sens… En revenant vers un “less is more”, j’ai vraiment renforcé ma proposition.
Les personnes qui s’inscrivent à l’atelier via Wecandoo, dans 80 % des cas, elles ne connaissent pas notre atelier-boutique. Le plus dur est fait : ils ont passé notre porte. L’atelier a pour but de les convaincre de rester, mais surtout de revenir.
Retrouvez les ateliers de Clara sur Wecandoo


