Après avoir été chargée de communication, Audrey se reconvertit dans le merveilleux domaine de l’art verrier. Grande passionnée de cette matière, elle est aujourd’hui artisane verrière et perlière d’art. Son savoir-faire ancestral est désormais inscrit au patrimoine immatériel de l’Humanité ! C’est dans son atelier près de Toulouse qu’Audrey façonne au chalumeau ses baguettes de verre pour transformer la matière en perles, billes ou boules soufflées.
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Hello ! Est-ce que tu peux nous raconter ce qui t’a menée au métier d’artisane verrière ?
J’ai découvert le verre filé au chalumeau en 2003 et ça a été un vrai coup de cœur. À ce moment-là, j’avais envie de changer de métier. Je me suis dit : « On n’a qu’une vie, mais on peut faire plein de métiers, alors GO ! » Je cherchais un métier créatif mais pas banal. Et puis le verre s’est imposé : sa lumière, sa transparence, le fait de pouvoir créer des pièces uniques en travaillant la matière à chaud… C’était fascinant. J’ai créé mon activité en 2006 au début à mi-temps et ce n’est que depuis 5 ans que je le pratique à 100%.
Le métier de verrier au chalumeau en sodocalcique (ce qu’on appelle le verre tendre, le plus connu étant le Murano) s’apprend exclusivement par transmission. Aujourd’hui, ce savoir-faire commence enfin à être intégré dans certaines formations de verrier, mais ça reste souvent une simple option.
Comme il n’existait pas de formation spécifique, j’ai d’abord suivi une formation auprès d’un verrier à la canne en France. Puis je suis allée chercher d’autres techniques auprès de verriers internationaux : aux États-Unis, au Japon, aux Pays-Bas, en Suisse… et bien sûr, le modelage et le soufflage à Murano.
Une quinzaine d’année après, j’apprends encore de nouvelles techniques ! C’est un métier toujours en évolution, qui demande précision et patience.

Comment as-tu activé ton réseau pour lancer ton activité ?
Pour me lancer, j’ai rapidement compris que je ne pouvais pas rester seule dans mon coin. J’ai adhéré à une association qui rassemble des amateurs et des professionnels du verre. Ça m’a permis de rencontrer d’autres verriers, d’échanger sur nos expériences et surtout de me faire connaître.
Ça a été un vrai coup de pouce. Grâce à ce réseau, de belles opportunités se sont présentées. Seulement six mois après mettre professionnalisé, je participais à une exposition aux Viaducs des Arts à Paris. Ces premiers contacts ont vraiment marqué un tournant dans le développement de mon activité.
Depuis 2021, tu as accueilli plus de 450 participants à tes ateliers. Comment transformes-tu ces clients en ambassadeurs pour parler de tes ateliers et créations ?
Je pense que c’est parce qu’ils passent un bon moment ! (rires)
Je prends le temps de partager ma passion de façon sincère, en les mettant à l’aise et en les impliquant. Ils repartent fiers de leurs créations et moi tout autant. C’est un vrai partage. Naturellement, ils en parlent autour d’eux.
Est-ce que tu utilises des outils particuliers pour favoriser le bouche-à-oreille ?
Le petit plus lors des ateliers, je prends les participants en photo et je leur envoie à la fin avec mon code de réduction Wecandoo ou sinon en leur disant qu’ils n’hésitent pas à me laisser un commentaire, cela m’aide pour le référencement.

Tu profites de tes ateliers pour demander aux participants s’ils connaissent des boutiques intéressées par tes créations. C’est très malin ! Comment tu abordes ça ? Quelles ont été les retombées ?
En fait, ça fonctionne dans les deux sens. Je suis présente dans une boutique de créateurs, donc j’en profite pour parler de mes ateliers aux clients. Et quand je suis à l’atelier, si on me demande où j’expose, je leur parle de la boutique et j’en profite pour leur demander s’ils connaissent des marchés de créateurs intéressants où je pourrais exposer. Souvent, ça débouche sur de bons conseils ou même des contacts précieux qui m’aident vraiment à trouver de nouvelles opportunités.

Tu fais partie aussi d’un club d’entrepreneurs dédié aux créateurs et l’artisanat. Qu’est-ce que ce groupe t’apporte de précieux dans la gestion et le développement de ton activité ?
J’ai connu le Club par hasard, lors d’une exposition, grâce à une créatrice qui m’en a parlé à la suite à une conversation où je lui disais que nous étions seules dans nos ateliers… Ce Club m’a permis de rencontrer d’autres personnes avec les mêmes souhaits ou problématiques que moi. On partage nos galères, nos réussites et des astuces très concrètes : comment mieux référencer son site, gérer son temps, ou même… qui peut prêter un barnum ce week-end ! On a aussi mis en place des petits groupes de co-développement pour travailler ensemble sur des problématiques communes.
C’est hyper stimulant, on rencontre du monde, on crée du lien, et on reste motivé, ça fait du bien !

Tu as déjà mis en place des collaborations locales. Des conseils pour repérer et former les bons partenariats ?
Les bonnes collaborations, pour moi, ça part d’abord d’une rencontre ou d’un bon feeling. Je ne force jamais les choses. C’est souvent des gens que je croise au quotidien, comme mon boulanger ou ma coiffeuse. On discute et puis un jour, on se dit : “Tiens, et si on faisait un truc ensemble ?” Et hop, l’idée prend vie.
Mais j’ai aussi compris qu’il fallait oser. Ça ne coûte rien de proposer. Au pire, on a un “non merci” et au mieux, une chouette collaboration qui naît. Alors je tente avec des personnes que je côtoie, avec qui le contact est déjà là. Parce que le démarchage pur et dur, ce n’est pas mon truc.
Pour moi, un bon partenariat, c’est quand chacun y trouve du sens. Il ne faut pas hésiter à en parler autour de soi, même juste en passant. Parfois, une idée naît d’un échange tout simple, et c’est ça qui est chouette.
Tu travailles de temps en temps pour des antiquaires. Comment as-tu développé et fidélisé ce réseau de professionnels ?

Dans ce cas-là, ce sont eux (les antiquaires) qui me trouvent, de par mon métier de verrier. Ils ont souvent des besoins très spécifiques pour la restauration de petits objets, un savoir-faire qui n’existe pas ou plus. Ce qu’ils me demandent est toujours incroyable, ce sont souvent de vrais challenges… et ça me sort de ma zone de confort, j’aime bien ça !
J’ai aussi des particuliers qui me contactent pour réparer un objet en verre qu’ils ont cassé. J’essaie toujours de trouver une solution, même quand cela semble impossible.
Tu souhaites aussi développer ton réseau via LinkedIn. As-tu des conseils à partager avec d’autres artisans pour capter l’attention des professionnels ?
Les réseaux sociaux… J’ai arrêté de me mettre la pression à vouloir être partout car au final on n’est nulle part, ou moins bien ailleurs. Je suis toute seule, et je ne peux pas tout faire. Il y a forcément des choix à faire : de positionnement, de cible, de communication, physique, virtuelle…
Pour être honnête, j’y suis peu présente, car je priorise d’autres canaux plus directs. Avant, je postais plus sur Facebook, mais aujourd’hui c’est plutôt Instagram, et demain ce sera LinkedIn.
Je débute à peine sur LinkedIn et je n’y poste pas grand-chose pour le moment. Mais je sais que si on veut capter l’attention des professionnels, c’est ici que ça se passe.
Pour l’instant, j’observe, je prends mes repères. Mon objectif, c’est d’y être plus présente petit à petit, de mieux comprendre comment valoriser mon travail et toucher les bons contacts. Je pense que mettre en avant les ateliers peut aussi intéresser des entreprises, notamment pour du team building, les CE…

Un dernier conseil pour les artisans qui veulent développer leur réseau et booster leurs ventes ?
Un conseil que je devrais aussi suivre plus souvent… Le plus beau projet du monde ne sert à rien si personne ne le voit. Alors osez sortir, osez montrer. Il faut parfois provoquer la chance.
Le réseau, ce n’est pas du marketing : c’est une histoire de liens, de confiance, de présence. Soyez visible, soyez sincère, soyez là.
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