Originaire de Turquie, Candan se distingue par son parcours riche et varié, empreint de curiosité et de créativité.
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Hello Candan ! Tu as un parcours riche, entre architecture, arts du spectacle, art-thérapie et l’Ebru. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas l’Ebru, comment présenterais-tu cet art et comment ton parcours t’a menée jusqu’à cette pratique que tu transmets aujourd’hui en atelier ?
Hello à toute la communauté Wecandoo !
Je pratique une très vieille technique artisanale de coloration du papier : le papier marbré. Il s’agit de faire flotter des encres sur une surface liquide, de dessiner sur l’eau, puis de transférer le dessin sur une feuille de papier.
Je suis originaire de Turquie, où l’ancêtre du papier marbré est l’Ebru, un art traditionnel qui existe depuis le XVe siècle et qui est aujourd’hui inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. En 2014, je suis partie à Istanbul spécialement pour m’initier à cet art.
Aujourd’hui, j’ai développé une pratique artisanale plus occidentale, avec des productions principalement destinées à la reliure et à la création de papiers colorés.

L’Ebru est un savoir-faire traditionnel, mais aussi très visuel et poétique. Qu’est-ce qui plaît le plus aux participants quand ils découvrent cette technique avec toi ?
Les personnes qui découvrent la technique disent souvent : « Waouh, quoi qu’on fasse, c’est beau sur l’eau ! » Il y a quelque chose de très apaisant dans le fait de voir le dessin apparaître sans pouvoir totalement le contrôler.
Ils aiment aussi découvrir tout ce qui entoure la technique traditionnelle : les crins de cheval avec lesquels je fabrique mes pinceaux, les branches de rosier que je cueille, les pigments que je broie…
Il y a finalement un contraste entre cette préparation très traditionnelle et la grande liberté que l’on a ensuite dans les gestes. C’est ce mélange qui plaît beaucoup.
Tu as rejoint Wecandoo en 2024 et tu as déjà accueilli plus de 700 participants, bravo ! Avec le recul, qu’est-ce qui donne selon toi envie à une personne de réserver un atelier ?
Quand je ne connais pas les participants, je leur demande systématiquement au début : « Alors, qu’est-ce qui vous amène aujourd’hui à faire cet atelier avec moi ? » Cela me permet de mieux comprendre leurs envies, mais aussi de voir comment mon atelier est perçu et comment les gens arrivent jusqu’à moi.
Un peu plus d’un tiers de mes participants viennent grâce aux cartes cadeaux Wecandoo. Ils cherchent souvent un atelier artistique et découvrent le mien. Les petites jauges, de 2 à 4 personnes maximum, leur plaisent beaucoup, ainsi que l’ambiance de mon petit atelier parisien, qui ressort souvent dans leurs retours.
Un autre tiers me découvre à travers les réseaux sociaux, mon travail d’artiste ou parce qu’ils connaissent déjà le papier marbré et souhaitent découvrir ma pratique personnelle. Certains connaissaient aussi le travail de Baykul Baris Yilmaz, dont j’ai repris l’atelier, et ont envie de revenir dans ce lieu.
Le reste vient du bouche-à-oreille, des recommandations d’autres artisans, d’anciens participants ou de personnes qui reviennent.
Et les commentaires sont vraiment importants. Les participants me disent régulièrement qu’ils les lisent attentivement avant de choisir un atelier. Je pense que les photos donnent envie, mais que les commentaires permettent de se projeter et surtout de faire confiance.

Côté calendrier, tu as des créneaux planifiés plusieurs mois en avance. Pourquoi est-ce important pour toi d’anticiper ton calendrier ? Et comment t’organises-tu pour que cela soit possible ?
J’ai plusieurs activités en parallèle de ma pratique du papier marbré : je travaille encore en art-thérapie, je participe à des expositions en tant qu’artiste plasticienne et j’ai aussi une vie de famille bien remplie. J’ai donc besoin d’un calendrier assez cadré.
Je pose notamment un week-end par mois, je garde des créneaux réguliers et je systématise mes séances du soir les mêmes jours de la semaine. Cela facilite aussi la communication : les participants savent rapidement quand ils peuvent venir.
Pour les personnes qui utilisent un chèque cadeau, je vois qu’elles réservent parfois plusieurs mois à l’avance. Quand je vois qu’un week-end commence à se remplir, j’ajoute progressivement d’autres créneaux. Je préfère fonctionner comme ça plutôt que de remplir toute une journée d’avance : sinon, les réservations se dispersent.
J’ai trois formats d’ateliers — initiation, perfectionnement et duo familial — que je peux parfois superposer, tout en gardant des créneaux dédiés aux ateliers plus rares, comme le duo parent-enfant.
Je tiens aussi compte des périodes de l’année. Novembre est particulièrement important avec le Craft Friday, donc j’anticipe en ouvrant davantage de dates pour décembre, janvier et février.

Est-ce que tu as observé un impact sur tes réservations selon le nombre de créneaux ouverts ou l’avance avec laquelle tu les proposes ? Est-ce que ta manière de planifier ton calendrier a évolué depuis ton arrivée chez Wecandoo ?
Oui, ma manière de faire a beaucoup évolué. Au début, je planifiais trop d’ateliers et je me retrouvais avec beaucoup de séances à seulement deux personnes.
J’ai ensuite choisi d’ouvrir quelques dates à l’avance et d’augmenter progressivement le nombre de créneaux en fonction des réservations. Cela m’a permis d’avoir un meilleur taux de remplissage.
Finalement, je préfère avoir moins de créneaux, mais bien placés, plutôt que beaucoup de dates qui restent peu remplies.
Cela dit, je maintiens souvent un atelier avec une seule personne si je suis de toute façon à l’atelier ce jour-là et que tout le matériel est déjà prêt. Ce qui est surtout difficile à gérer, ce sont les annulations de dernière minute.
Côté communication, tu as une belle présence en ligne. Comment construis-tu ta stratégie de communication pour faire connaître ton univers et encourager les participants à réserver ?
Je n’ai pas de site internet et je passe principalement par Instagram, dont j’aime beaucoup le côté interactif. J’y alterne ma communication entre ma pratique artistique et mes ateliers.
Je reste aussi en contact avec les participants après leur passage à l’atelier. Comme les groupes sont petits et que les séances durent deux heures, nous avons vraiment le temps de nous rencontrer. Cette relation se poursuit naturellement après l’atelier.
Je donne systématiquement mon code promo à la fin. Beaucoup de participants souhaitent revenir pour se perfectionner ou offrir l’atelier à un proche, donc c’est un petit outil qui fonctionne bien.
Sur Instagram, je rappelle aussi régulièrement l’existence des ateliers dans mes publications et mes Reels, avec les liens de réservation directement accessibles dans ma bio.
Je me suis également servie quelques fois des kits de communication Wecandoo, qui facilitent bien les choses.

Est-ce que tu communiques spécifiquement sur tes disponibilités / créneaux pour encourager les réservations ? Quand ? De quelle manière ? Est-ce que tu as remarqué des choses qui fonctionnent plus ou moins bien ?
Je fais une communication très personnalisée : je pense à quelques personnes pour qui la date pourrait correspondre et je leur écris directement, simplement pour leur annoncer qu’un créneau s’est ouvert. C’est souvent là que j’ai les meilleurs retours.
À l’inverse, les mails fonctionnent beaucoup moins bien pour moi.
Cette relation directe est vraiment importante. Quand une confiance s’est installée avec un participant, il peut avoir envie de revenir pour un café, d’acheter du papier marbré ou de refaire un atelier. Je peux alors lui envoyer ponctuellement un message lorsqu’une offre Wecandoo est intéressante, sans avoir l’impression de faire une communication impersonnelle.
Sur Instagram, certains de mes Reels sont beaucoup vus et des personnes m’écrivent directement en message privé. Là aussi, je préfère échanger avec elles plutôt que de simplement leur envoyer un lien.

Au-delà de ta communication en ligne, est-ce que tu utilises aussi des supports physiques ou locaux pour faire connaître tes ateliers et faciliter la réservation ?
J’ai des flyers que je distribue lors de salons comme les JEMA, de démonstrations ou d’événements artistiques autour du papier marbré. Il y a encore des gens qui aiment le papier, et ça me plaît aussi de garder ce lien avec un support physique.
J’offre également des marque-pages réalisés avec mes propres papiers marbrés, avec un petit tampon au dos qui indique le code promo. Cela fonctionne très bien.
Mais le meilleur levier reste la relation directe et le bouche-à-oreille. Et pour que cela commence vraiment à fonctionner, il faut aussi laisser le temps au réseau de se construire : pour moi, cela a pris environ un an.
Parmi les outils Wecandoo, lesquels t’aident le plus à augmenter tes réservations ? De quelle manière ?
Comme je n’ai pas de site internet, je renvoie beaucoup les personnes vers ma page Wecandoo. Le calendrier est aussi un outil que j’utilise énormément, puisque j’ajuste régulièrement les créneaux en fonction des réservations.
Il m’arrive également de modifier manuellement le nombre minimum de participants pour permettre à un atelier de se confirmer plus rapidement. Une fois qu’une séance est confirmée, il est beaucoup plus facile pour d’autres personnes de venir s’y ajouter.
Si tu devais donner 3 conseils simples à un artisan qui veut augmenter ses réservations dans les prochains mois, lesquels choisirais-tu ?
Pour un artisan qui débute sur Wecandoo, je dirais d’abord de bien réfléchir au prix de l’atelier pour pouvoir accepter de petites jauges et confirmer rapidement les séances.
Ensuite, je conseillerais d’ouvrir quelques créneaux à l’avance, puis d’en ajouter progressivement en fonction des réservations plutôt que d’ouvrir trop de dates d’un coup.
Et surtout : rencontrer les gens. Une séance confirmée attire naturellement d’autres participants, mais le vrai levier, à mon sens, c’est la relation que l’on crée avec eux dans la transmission de son savoir-faire. C’est cette confiance qui fait revenir les participants et qui génère ensuite

As-tu une anecdote d’atelier qui t’a marquée (ou plusieurs) que tu voudrais partager ?
Je n’ai pas vraiment une anecdote, mais plutôt des moments qui m’ont touchée.
Il m’arrive que des personnes âgées viennent faire un atelier. Un monsieur d’environ 80 ans avait fait du papier marbré lorsqu’il était enfant et rêvait d’en refaire. Assister à ce moment de retrouvailles avec une pratique de son enfance m’a beaucoup touchée.
Pendant les ateliers duo parent-enfant, je mets aussi le parent à égalité avec l’enfant. Il y a parfois des moments très touchants quand je les vois négocier pour réaliser une feuille ensemble.
Et puis il y a les réactions très spontanées : j’ai déjà vu des participants sauter littéralement de joie en voyant leur réalisation sortir de l’eau. C’est toujours agréable à voir.
J’aime aussi beaucoup recevoir, quelques jours ou quelques mois après l’atelier, des photos des créations qu’ils ont réalisées avec leurs papiers marbrés.
Un dernier conseil à donner aux artisans?
J’espère surtout que vous prenez autant de plaisir que possible dans vos ateliers et que le format que vous avez choisi correspond réellement à votre fonctionnement, à vos envies et à votre équilibre financier.
Je pense que cela se ressent quand on propose un atelier avec envie et confiance. Même une technique aussi belle que le papier marbré ne suffit pas, à elle seule, à donner envie aux gens de passer deux heures avec nous.
Ce qui compte, c’est aussi ce que l’on transmet, la manière dont on accueille les personnes et la relation que l’on crée avec elles.
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