Rencontre avec Claudio Collu, cuisinier à Paris

cadeau pour un homme de 30 ans

Claudio grandit à travers la culture culinaire des Pouilles et de la Sardaigne. Après l’obtention d’un diplôme en management hôtelier à Milan, il voyage beaucoup et gère divers restaurants italiens à Londres, Rio puis Paris. Passionné par la cuisine italienne conviviale, ce globetrotteur décide d’ouvrir son propre atelier, à Paris, sur la mezzanine d’un petit restaurant italien !
Retrouver ses ateliers sur Wecandoo.

Wecandoo : Hello ! Est-ce que tu peux nous parler de ton parcours ? D’où vient ta passion pour la cuisine italienne ?

Claudio : Je suis né à Milan, mais ma famille est originaire des Pouilles et de la Sardaigne, deux magnifiques régions d’Italie, riches en traditions culinaires. Un de mes premiers souvenirs d’enfance est celui où je suis assis sur les genoux de ma grand-mère maternelle, dans un petit village de montagne des Pouilles, à Monte Sant’Angelo, près de Foggia. C’est elle qui m’a appris à fabriquer des « Orecchiette », un type de pâtes artisanales typiques de la région. Ces pâtes sont faites avec de l’eau et de la farine, et façonnées en traînant un couteau sur une extrémité pour leur donner leur forme caractéristique. C’est là que ma passion pour la cuisine italienne a pris racine.  

Les pâtes de Claudio

Tu as commencé les ateliers de groupe en arrivant chez Wecandoo en 2021. Qu’est-ce qui t’a poussé à proposer ce type d’ateliers dans ton activité ?

À ce moment-là, je cherchais un moyen de monétiser mon savoir-faire dans la fabrication de pâtes fraîches afin de financer l’achat d’une machine à pâtes professionnelle. Mon objectif était d’ouvrir une épicerie fine italienne où je pourrais fabriquer et vendre des pâtes fraîches aux restaurateurs ainsi qu’aux particuliers. J’ai donc commencé à proposer des ateliers sous différents formats : gnocchi, raviolis, tagliatelles et dîner italien. La mise en avant par Wecandoo m’a non seulement permis d’acquérir la machine à pâtes et de développer rapidement mon activité, mais aussi de découvrir une véritable passion pour le partage de mon savoir-faire.  

Les déliceuses recettes en atelier de groupe

Quels sont les ateliers que tu proposes en groupe ? Pour combien de personnes et quel type de public ? 

Les ateliers que je propose en groupe sont : le dîner italien, ravioli et tagliatelles. Mon public est principalement composé d’entreprises dans les secteurs de la finance, de la banque, de l’assurance et de la téléphonie (Banque mondial, BNP, AXA,Orange). Il peut également s’agir d’entreprises de mode et de cosmétique, telles que Messika, Garnier, et L’Oréal.

J’organise des ateliers chez moi pour un maximum de 16 personnes. Au-delà de ce nombre, je peux gérer jusqu’à 50 participants dans un local externe, que ce soit un restaurant, un espace de location équipé , ou, dans la plupart des cas, directement chez le client (bureau ou espace de coworking).Je définis le nombre maximum de participants en fonction de plusieurs critères : le coût des ingrédients, des boissons, et de la main-d’œuvre, ainsi que la logistique liée aux transports si nécessaire, avec un plafond fixé à 50 personnes. Au-delà de ce chiffre, pour préserver la qualité de l’atelier, je propose des masterclasses, avec ou sans dégustation, durant lesquelles les clients assistent à la démonstration, mais ne participent pas à la fabrication du repas.

Des pâtes sous toutes les formes

Où-est-ce que tu animes ces ateliers ?

J’anime les ateliers le plus souvent chez moi, en petits groupes, comme je le fais également pour les particuliers. C’est le lieu que je privilégie toujours pour mes ateliers. D’autres lieux de location incluent généralement des restaurants italiens que je contacte d’avance, en cherchant un arrangement pour la privatisation du lieu. J’essaie de choisir des emplacements stratégiquement proches des bureaux des clients, car déplacer 50 personnes n’est pas une tâche simple pour une entreprise. Il est donc préférable que l’atelier se déroule à proximité de leur lieu de travail. Personnellement, lorsque j’en ai l’occasion, j’insiste pour que l’atelier se déroule directement dans les bureaux du client, surtout s’il s’agit d’un groupe de plus de 30 personnes.

Des ateliers dans ses locaux comme chez les clients

Quelle est ton organisation et ta logistique pour animer un atelier dans un lieu qui n’est pas le tien ?

Mon organisation logistique varie en fonction du type d’événement. Pour des groupes allant jusqu’à 16 personnes, je privilégie toujours l’animation dans mon propre atelier. Cependant, si ce n’est pas possible pour le client, je m’assure de pouvoir me déplacer dans leurs locaux en transportant tout le matériel nécessaire à l’avance. J’utilise des bacs isothermes et des accumulateurs de froid pour maintenir les matières premières à la bonne température. Lorsque c’est réalisable, je me déplace en vélo cargo à travers le réseau parisien, même si cela nécessite plusieurs trajets. Si aucune autre solution n’est envisageable, je loue une camionnette réfrigérée.

Lorsqu’il s’agit d’un événement organisé dans un lieu tiers (par exemple, un espace loué par le client), je m’efforce de convenir avec le propriétaire lors de l’inspection du lieu que le nettoyage et le rangement soient pris en charge par son équipe après l’atelier. Sinon, je veille à ce qu’une personne responsable sur place s’assure que tout soit remis en ordre conformément aux usages locaux. Cela permet d’éviter la plupart des demandes de rectification après l’événement. Pour les cuisines de location équipées, ce genre de problème ne se pose généralement pas, car ces espaces sont conçus pour répondre aux besoins des utilisateurs, et non à ceux des propriétaires des lieux.

Avec l’expérience, j’ai appris l’importance d’une préparation minutieuse et d’une communication claire avec les parties prenantes pour éviter les imprévus et garantir le bon déroulement de l’atelier.

Les ateliers de groupe, c’est avant tout l’envie de partager un moment sympa. Des conseils à partager pour assurer une bonne ambiance et des participants valorisés, quelle que soit leur expérience ? Comment trouves-tu la balance entre laisser vivre l’ambiance de groupe et cadrer l’avancée de l’atelier ? 

Pour garantir une ambiance conviviale et valorisante lors des ateliers de groupe, l’accueil joue un rôle clé. Une première impression positive est essentielle pour assurer le bon déroulement de l’atelier. Personnellement, j’aime commencer en offrant un verre de prosecco pour briser la glace et créer une atmosphère chaleureuse. Je prends ensuite le temps de partager mon parcours professionnel et de remercier les participants pour leur présence et leur contribution, qui m’ont permis d’en arriver là.


Le début de l’atelier est souvent accompagné d’un petit apéritif, où j’encourage les échanges et les rires, car cette phase ne demande pas trop de concentration. Lorsque nous passons à la phase suivante, comme la fabrication de pâtes, je demande un maximum d’attention de la part des participants. Pour m’assurer qu’ils ont bien compris les consignes, je n’hésite pas à les interroger régulièrement sur les notions abordées. Si certains avancent sans suivre les instructions, je les reprends gentiment et, si nécessaire, je les place à côté de moi pour éviter qu’ils ne distraient les autres. Cela se fait toujours avec humour et respect.


J’essaie également de placer stratégiquement des collaborateurs parmi les participants pour leur rappeler de suivre correctement les étapes tout en maintenant un bon contrôle du groupe. Généralement, un membre de l’équipe pour 15 à 20 personnes suffit à maintenir l’ordre.
Il peut arriver, bien que cela soit rare, que certains participants ne suivent pas les consignes malgré plusieurs rappels. Dans ce cas, il est préférable de poursuivre l’atelier comme si ce groupe « intransigeant » était invisible, afin de permettre aux autres de profiter pleinement de l’expérience. Souvent, les collègues eux-mêmes finissent par recadrer ces participants pour qu’ils respectent le déroulement de l’atelier.

Les participants, toujours ravis

Pour les ateliers teambuilding, comment tu personnalises tes ateliers pour répondre aux besoins spécifiques de chaque entreprise ? 

Pour personnaliser mes ateliers de teambuilding, j’adopte une approche qui combine flexibilité et structure. Je propose à l’organisateur un parcours composé de différents modules, répartis en plusieurs phases, ce qui donne l’impression d’une personnalisation totale, tout en conservant un cadre prédéfini.

Phase 1 : L’organisateur peut choisir entre plusieurs options pour l’apéritif, par exemple, un buffet de tartines apéritives avec boissons sans alcool, un verre de Prosecco, ou un apéritif déjà préparé à l’avance.

Phase 2 : Les participants peuvent ensuite choisir entre un atelier de raviolis, de tagliatelles, ou une masterclass sur la pizza. Cela permet de varier les activités tout en gardant un thème culinaire cohérent.

Phase 3: Enfin, pour le dessert, le choix se porte sur l’assemblage du tiramisu ou un tiramisu déjà prêt.

Cette méthode me permet de proposer un parcours standardisé qui répond à mes besoins logistiques, tout en donnant au client le sentiment d’avoir créé un atelier sur mesure. De plus, je peux intégrer des demandes spécifiques, comme l’ajout de verres de vin supplémentaires ou la prolongation du temps sur place avant ou après l’atelier, pour mieux répondre aux attentes particulières.

Tu as accueilli plus de 2 230 participants depuis que tu es chez Wecandoo.  Est-ce que les ateliers de groupe représente un grand pourcentage de ce nombre de participants ?

La majorité des participants aux ateliers que je propose chez Wecandoo sont des particuliers. Les ateliers d’entreprise représentent une petite part de ce nombre total, mais ils sont néanmoins très importants. En effet, accueillir des groupes et des entreprises m’a permis d’accéder à un nouveau bassin de clients potentiels pour d’autres activités. Un atelier d’entreprise, bien que logistiquement plus complexe à organiser, équivaut souvent sur le plan économique à deux ou trois ateliers pour particuliers, avec toutes les places occupées.

L’impact sur le développement de mon entreprise a été considérable, notamment en ce qui concerne la révision de mon modèle économique. Cette diversification de ma clientèle est primordiale dans le secteur de la gastronomie événementielle. Elle m’a également permis d’affiner mon offre. Grâce à cette expérience, j’ai décidé de lancer un e-commerce de produits italiens issus de petits producteurs sélectionnés lors de plusieurs voyages en Italie. Ce nouveau canal de vente est né suite aux études de marché que j’ai réalisées auprès des participants à mes ateliers (ces informations sont précieuses !). 

Est-ce que tu as des conseils pour communiquer sur tes ateliers de groupe et trouver tes clients ?

Au début, j’ai systématiquement communiqué sur tous mes réseaux sociaux ainsi qu’auprès de responsables d’entreprises que j’avais connus lors de mon parcours en tant que directeur de restaurant. J’ai également misé sur le bouche-à-oreille, cherchant à établir des partenariats avec des intermédiaires comme Wecandoo, et en me présentant en personne dans des espaces de coworking pour offrir des prestations gratuites. Cela m’a permis de montrer concrètement le déroulement des ateliers et de distribuer des cartes de visite. J’ai également proposé des démonstrations gratuites dans des restaurants italiens pendant les heures creuses pour faire connaître mes ateliers. En gros, j’ai utilisé toutes les opportunités pour me mettre en avant et attirer des clients.


Après six mois à un an de prospection et de prestations gratuites à un rythme hebdomadaire, j’ai commencé à attirer une clientèle payante et à recevoir des avis positifs. Progressivement, j’ai fait évoluer ma stratégie de marketing en mettant davantage en avant des vidéos didactiques tirées de mes ateliers. Une fois que j’avais suffisamment de matériel, j’ai commencé à publier uniquement des vidéos de mes ateliers et des témoignages positifs sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, je me concentre sur des rappels pour inciter à participer aux ateliers, je filme (avec l’accord de mes clients) certaines phases des ateliers, et je propose des offres spéciales pendant les périodes creuses de l’année, notamment en mettant en avant les cartes cadeaux, comme le recommande souvent Wecandoo. Au départ, il était difficile de constituer une base de clientèle, mais dès que les premiers avis positifs ont commencé à circuler et que le bouche-à-oreille a fait son effet, les demandes ont suivi.



Je communique aussi régulièrement sur les réseaux sociaux. Au début, c’était presque quotidien pour bâtir ma présence et attirer l’attention. Maintenant que j’ai une base de clientèle établie, je publie moins fréquemment, mais je veille à poster des contenus pertinents, comme des vidéos de mes ateliers ou des témoignages clients, en fonction des périodes clés de l’année. Les offres spéciales, comme les cartes cadeaux, sont particulièrement mises en avant pendant les périodes creuses.

Le compte Insta de Claudio

Enfin, à la fin de chaque atelier, j’encourage les participants à parler de leur expérience autour d’eux. Je leur propose aussi de laisser un avis en ligne et de recommander mes ateliers à leur entourage. Cette approche a été très efficace pour attirer de nouveaux clients grâce à la satisfaction et aux recommandations des participants.

Une bonne communication est aussi un élément clé pour assurer la satisfaction du client. Comment tu gères la relation avec tes clients, de la demande de privatisation à la clôture de l’expérience ?

Une bonne communication est effectivement un élément clé pour assurer la satisfaction du client. Concernant les privatisations, je prends soin de communiquer personnellement avec chaque client. Au fil du temps, j’ai élaboré des modèles de réponses standards pour répondre efficacement aux questions les plus fréquentes.

Avant les ateliers, je m’assure que toutes les exigences alimentaires sont bien prises en compte, qu’il s’agisse d’allergies, d’intolérances ou de régimes spécifiques comme le végétarisme ou le véganisme. Pour cela, j’adapte les recettes pour qu’elles conviennent à tous, ou je propose des alternatives spécifiques pour chaque catégorie de besoin.

Pendant l’atelier, je veille à recueillir les retours des participants afin de m’adapter à leur rythme d’apprentissage et de réalisation. La règle d’or est de suivre le rythme du plus lent, en veillant à ce que personne ne soit laissé de côté, et en n’hésitant pas à expliquer ou démontrer chaque étape autant de fois que nécessaire.

À la fin de l’atelier, j’encourage les participants à poser toutes leurs questions et je les rassure en leur indiquant qu’un fichier récapitulatif leur sera envoyé. Ce document inclut tous les processus et recettes vus durant l’atelier. Je leur remets également une carte de visite avec un QR code les renvoyant vers mon site, où ils peuvent retrouver des informations complémentaires sur l’atelier, des recettes, des recommandations de restaurants, et des conseils pour se procurer les produits utilisés.Enfin, j’invite les participants à laisser un commentaire s’ils en ont le temps, et j’envoie par mail le fichier récapitulatif de l’atelier, accompagné d’une invitation à explorer mes autres ateliers et mon blog culinaire.

Un dernier conseil pour les artisans qui hésitent à se lancer dans les ateliers de groupe ? 

Souviens-toi de toujours oser. En principe, un atelier conçu pour un individu peut tout à fait être adapté pour un groupe. Bien sûr, l’atmosphère ne sera pas la même, et cela demande beaucoup plus d’attention pour maintenir la cohésion du groupe plutôt que de se concentrer uniquement sur la pédagogie. Cependant, il faut essayer par soi-même pour comprendre comment transformer une formule individuelle en une formule collective.

Pour ma part, j’ai fait mes premiers essais avec des groupes de 20 à 30 personnes lors de mes anniversaires (ou ceux de mes amis), à plusieurs reprises, avant de me lancer avec des entreprises. Bien que je ne m’y attendais pas, j’ai été fortement découragée pendant ces essais, car je trouvais difficile de transmettre mes connaissances tout en maintenant la cohésion du groupe. C’est alors que, lorsque j’ai osé organiser un atelier pour une entreprise, j’ai découvert que c’était en réalité beaucoup plus facile de gérer un atelier pour des équipes d’inconnus que pour des proches ou des amis. Ayant déjà pris l’habitude de gérer des situations beaucoup plus complexes que je ne l’avais anticipé, je me suis reprochée de ne pas avoir commencé plus tôt. Donc, encore une fois : « Souviens-toi de toujours oser. »


Retrouvez les ateliers de Claudio sur Wecandoo

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Wecandoo soutient l’Artisanat en organisant des ateliers manuels au cours desquels artisans et particuliers se retrouvent autour d’une passion et de la pratique d’un savoir-faire.

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