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Artisan céramiste : transmission d’une passion

Henry Carrelet est Céramiste de père en fils. A 28 ans, il a lancé il y a quelques mois son propre atelier Dipneuste à Paris. Artisan Wecandoo, il revient sur son parcours et son histoire de famille.

Bonjour Henry, peux-tu nous raconter ton parcours ?

Je suis fils de céramiste, mes parents tenaient à deux leur propre atelier. J’ai beaucoup voyagé avec eux, et une fois mon bac littéraire en poche, cette soif de voyages m’a rattrapé. J’avais une conviction : je ne voulais pas de longues études et je souhaitais surtout éviter de me lancer dans une voie pour me rendre compte plusieurs années plus tard que je m’étais trompé. Partir m’a permis d’avoir un temps de réflexion sur mes aspirations… J’avais envie de quelque chose de différent. A mon retour, l’idée de suivre le chemin de mon père me tentait déjà, mais je n’étais pas encore sûr de vouloir en faire mon métier pour autant. Je me suis donc lancé un challenge en parallèle de mon travail dans la restauration : apprendre le métier pendant un an dans l’atelier de mon père. Cela fait finalement 10 ans que je me suis lancé dans la Céramique, j’ai ouvert mon propre atelier à Paris en début d’année.

Quel rôle a joué ta famille dans le choix d’en faire ton métier ?

Forcément, avec une affaire de famille, je baignais depuis tout petit dans cet univers. Mais finalement le déclic est venu d’une personne extérieure : je me souviens d’une anecdote, un évènement qui m’a beaucoup marqué. Alors que je rendais visite à mes parents installés en Espagne, une femme est passée à leur atelier. Elle nous a raconté son histoire, elle était issue de trois générations de potiers avant elle et n’avait jamais appris le métier. Elle avait fait autre chose dans sa vie et à 45 ans elle s’en mordait les doigts : tout ce savoir et cette histoire perdue… C’est ce qui m’a incité au départ à me former : anticiper la transmission. Et puis finalement j’ai chopé le virus de la poterie. Les sensations, le côté hypnotisant, relaxant, ça vide la tête… C’est un métier de passion !

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Comment ta famille t’inspire-t-elle dans ton métier ?

Mon père m’a transmis la curiosité et le regard sur les couleurs qui nous entourent. Reproduire les choses de la nature c’est ce qu’il y a de plus beau ! Il m’a appris l’exigence du métier aussi.

Et ta touche personnelle ?

D’un point de vue artistique, tous les potiers ont leur touche personnelle entre les formes, les couleurs, les terres utilisées. Mon père est un potier traditionnel, très classique, il fait de la faïence et travaille beaucoup avec les engobes. De mon côté je me concentre sur le grès et je travaille avec des émaux. On ne fait pas le même genre de céramique même si je m’inspire de son travail. Je m’intéresse beaucoup à la déco aussi. Il y a un véritable engouement autour de la céramique actuellement, accéléré par Instagram sûrement qui suscite l’envie de découverte avec des vidéos et des images envoutantes et captivantes. Dans les pays Anglo-saxons cela fait déjà une dizaine d’années que le sujet est à la mode, en France c’est plus récent.

Pourquoi as-tu choisi de faire des ateliers ? Qu’est-ce qui te pousse à transmettre ?

L’envie de transmettre et de partager ma passion est venue rapidement. A l’époque, j’avais un atelier en colocation et il y avait une petite fenêtre qui donnait sur la rue où les passants toquaient et demandaient si il était possible de tester la poterie ou de passer commande. J’avais aussi commencé à initier quelques amis. J’ai vu que j’étais plutôt bon pédagogue, que je parvenais à transmettre avec les bons mots dans une approche finalement très différente de celle de mon père qui était plutôt sur un fonctionnement « tu observes et tu apprends ». Cela reste très ambitieux de faire faire de beaux objets terminés en 2h. Il est impossible d’apprendre un métier en si peu de temps, j’ai donc j’ai dû optimiser les mots et les gestes pour qu’ils soient accessibles et efficaces.

Ça a l’air d’une simplicité sans nom quand on regarde quelqu’un faire, car tu imagines que ce n’est que de la boue. Le fait que les gens s’intéressent et essayent les amène ensuite à avoir un autre regard sur les objets qui les entourent : quand tu t’es acharné pendant 2 heures pour faire un petit bol tout tordu, tu te demandes comment certains objets ont pu être réalisés !

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Une anecdote d’atelier à nous raconter ?

Je n’ai pas d’anecdote en tête, j’ai simplement la satisfaction d’avoir tous les jours le plaisir de faire ce que j’aime et de faire plaisir au gens. Ils viennent de leur plein gré faire une activité déstressante, ludique, authentique et ils repartent avec leur création.

Comment tu te vois évoluer dans ton métier ?

Si je fais ce métier depuis presque toujours, je suis au tout début de ma propre activité ! Je dois donc travailler sur mon réseau, ma communication… Idéalement j’aimerais qu’une personne me rejoigne afin de pouvoir ouvrir l’atelier 7j/7.

En ce qui concerne mes réalisations, elles évoluent déjà. Avant je faisais de l’efficace : très tendance, mignon et girly. J’ai évolué vers quelque chose de plus artistique avec un projet d’exposition qui aura lieu très prochainement.

Tu voulais faire quoi quand tu étais petit ?

Je voulais être cuisinier, puis masseur ou ostéo… Bref je voulais faire du bien au gens ! Ce qui m’attirait c’était le côté relaxant et zen de ce que je faisais pour les autres. C’est ce que je retrouve dans la poterie qui est selon moi l’Artisanat le plus doux. C’est un métier qui demande beaucoup d’humilité car il demande calme et patience. Ça m’a beaucoup apaisé personnellement !

Si tu pouvais revenir en arrière, changerais-tu quelque chose de ton parcours ? 

Je n’ai pas de regret, je ne changerais donc pas grand chose. Je m’y suis mis réellement un peu tard, sûrement car en tant qu’autodidacte il y a un côté assez flippant à se lancer dans des ateliers. Mes parents fonctionnaient en binôme dans leur atelier et je n’avais pas cette épaule pour me rassurer, m’aider dans la logistique et tout simplement avoir un regard extérieur sur mes réalisations. Et en même temps si je n’étais pas passé par ces étapes, je n’en serais peut-être pas là non plus !

Un atelier Wecandoo que tu meurs d’envie de tester ?

J’aimerais beaucoup tester le tournage du bois, ça me fait penser au tournassage en poterie qui est la première étape de réalisation d’une céramique. Il y a aussi les ateliers saucisses ou mozzarella que me tentent particulièrement ! 

 

Retrouvez Henry pour un atelier Poterie à Paris 👐

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